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Quand la peur de la folie s'installe...

Capsule conjugale # 5

Un jour arrive en consultation un jeune homme qui sans plus attendre me dit : « Je crois que je suis en train de devenir fou! » Il tremble et doucement, il commence à pleurer. Une fois le sanglot terminé, je lui demande ce qui l’amène à nourrir de telles idées. Je ne me comprends plus, me dit-il. À la maison, j’ai l’impression que je n’en fais jamais assez. Je ne suis plus capable de prendre aucune remarque alors, j’agis pour ne jamais être pris en défaut, mais cela ne marche plus, j’ai trop de pression. Je suis au bout du rouleau et j’ai peur de sauter. Je fuis l’intimité avec ma femme et elle pense que j’ai une maîtresse.

Je lui demande depuis combien de temps il agit ainsi. Alors, Jean* sans hésitation me répond : « Depuis que je suis tout jeune. » Il m’apprend qu’il est le troisième enfant d’une famille de cinq. Il dit avoir eu de bons parents mais qu’ils étaient dépassés par la maladie mentale de sa sœur qui souffrait de schizophrénie.

Il se rappelle qu’il aimait sa sœur et en même temps combien il en avait vraiment peur. Et pour cause, même ses parents cachaient les couteaux le soir au cas où…  Un jour, il entendit sa mère pleurer et dire à son père : « Je ne suis plus capable, je n’en peux plus! » Il se souvient qu’à partir de ce moment, une peur terrible de perdre sa mère l’envahit. Il se promit dès lors de tout faire pour l’aider. À la maison, pour éviter de provoquer les crises de folies de sa sœur, il était interdit de manifester des marques d’affection et de tendresse. À l’adolescence, les crises de sa sœur étaient de plus en plus fréquentes et violentes. Jean, à force d’intégrer cette terreur, s’enfermait dans une bulle où il croyait que plus rien ne pouvait l’atteindre.

Quelques années plus tard, il se mariait pour fuir ce cauchemar sans se rendre compte de sa paralysie intérieure. 

Avant de venir consulter, il disait ne plus pouvoir contrôler les images angoissantes de son passé qui le replongeaient dans l’isolement et qui le coupaient de la réalité du quotidien. C’est à ce moment que sa vie a basculé et qu’il a réalisé que son couple était en danger. Il ne savait plus comment anesthésier sa douleur et sa peur; il ne savait pas comment vivre et entretenir sa relation amoureuse, sa relation d’intimité...

Sa peur de la folie l’emmena à une prise de conscience et à faire un premier pas pour se sortir du gouffre dans lequel il se sentait inexorablement aspiré. Il comprit avec l’aide de son thérapeute les symptômes de son traumatisme d’enfant : difficulté à se concentrer, peu d’estime de lui-même, peur de tout, cauchemars, anxiété et une très grande culpabilité.

Amener Jean à exprimer ses émotions et à crier sa douleur, l’aida à la compréhension de son traumatisme et ouvrit un chemin vers la guérison. Il accepta ce cheminement grâce au lien de confiance avec son thérapeute. Il put revivre les émotions refoulées du passé dans un cadre protecteur soutenu d’une présence compréhensive et sécurisante.

La bonne nouvelle pour Jean, peut se traduire ainsi : En se donnant du temps et avec une aide appropriée, de la patience et du courage, nous pouvons décider de devenir celui que nous voulons être et non pas seulement celui que nous avons appris à être pour nous protéger et survivre étant enfant.

* Nom fictif

 

 

CPDEC 2013

04/08/2015   


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